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05/05/2018

Le drapeau de la discorde

Dans le cadre de la journée nationale en souvenir des déportés j'ai assisté à la cérémonie au monument aux morts de Chouzelot.

Quelle ne fut pas ma stupeur de voir la remise d'un drapeau Marius Vallet à un habitant du village dont le grand-père est mort en déportation.

Depuis des décennies le souvenir de ce groupe de résistants a été occulté au profit du souvenir du groupe Guy Mocquet. Au cours des cérémonies de fin septembre au rocher de Valmy symbole de la résistance et par après au centre du village les responsables de l'organisation parlaient du groupe Guy Mocquet mais rien sur le groupe Marius Vallet. Ce groupe était composé d'une dizaine de résistants dont 4 ont été fusillés le 26 septembre 1943 dont deux réfugiés politiques espagnols qui sont les oubliés de la nation. Une résistante de ce groupe a été déportée et a eu la chance d'en revenir. Ces dix résistants étaient épaulés dans l'ombre par certains habitants qui l'on devait considérer, à juste titre, comme membres de ce groupe. L'un d'entre eux est mort en déportation en 1944.

Alors ce 29 avril un drapeau est apparu ! 1 personne a voulu ce drapeau (appuyé par la municipalité et par le responsable de l'autre groupe) mais sans en parler aux familles des résistants fusillés. Il aurait été logique d'en parler ensemble et aussi que toutes les familles soient invitées à cette remise de drapeau.

A la fin de cette cérémonie le porte-drapeau auto-proclamé s'est trouvé dans une parodie familiale ce qui n'a pas été du goût de certains.

J'ai pris la grave décision de ne pas reconnaitre ce drapeau dans l'état actuel des choses.

N'ayant jamais été invité aux cérémonies je continuerai à me rendre le 26 septembre à 8 h 30 au rocher de Valmy pour honorer les résistants fusillés et morts en déportation ainsi qu'une visite devant les 4 poteaux d'exécution à la citadelle de Besançon.

De nombreuses notes dans ce blog parlent des résistants fusillés en 1943.

Photo Jean-Jacques Compagnon

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Le drapeau de la discorde

 

Affaire à suivre !

 

09/09/2015

Mercè et Nùria TRABADO invitées à la commémoration du 71e anniversaire de la libération de Besançon

Mercè et Nùria Trabado étaient venues en février pour un voyage mémoire sur le parcours de leur grand-père Saturnino Trabado résistant et membre du groupe Marius Vallet fusillé à la Citadelle le 26 septembre 1943 (voir les notes des 08 et 19 février 2015).

Jean-Louis Fousseret maire de Besançon avait tellement été ému de leur voyage mémoire qu'il les a invitées officiellement  au 71e anniversaire de la libération de Besançon le 8 septembre 1944.

Mercé et Nuria Trabado accompagnées de leurs enfants (Oriol, Alba et Nùria) sont venues tout spécialement de Barcelone pour participer à cette commémoration du 8 septembre.

Le lundi 7 septembre la famille Trabado a refait le parcours fait en février (Rocher de Valmy, visite des anciens entrepôts Carmille à Larnod, visite des villages de Cessey et Goux-sous-Landet où Saturnino avait séjourné en 1942 et 1943 avec rencontre des anciens qui avaient connu leur grand-père).

Mardi après midi elles se sont rendu à la Citadelle de Besançon pour revisiter le musée de la résistance et de la déportation en attendant 19 h le début de la cérémonie.

La famille Trabado a été reçue par Jean-Louis Fousseret maire de Besançon et installée dans la tribune officielle.

Quel moment d'émotion quand le maire a cité dans son discours la présence de cette famille.

J'ai eu l'honneur d'être à leurs cotés.

Cette cérémonie sobre a rappelé le sacrifice de ceux qui ont combattu pour la liberté du territoire. Beaucoup ont payé de leur vie.

Toutes et tous ont pu côtoyer avec respect  Robert Delacroix, un porte drapeau, qui fêtait ce jour son 101e anniversaire.  

Photos Jean-Jacques CompagnonDSC_1489 (Personnalisé).JPG

Au centre du 1er rang la famille Trabado

 

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C'est là que leur grand-père et arrière-grand-père est tombé sous les balles ennemies

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Honneur et respect

Robert Delacroix fête ici son 101e anniversaire

 

Merci à Aurélie, Cécile et Marcel

27/09/2013

70e anniversaire des 16 fusillés à la Citadelle de Besançon

Jean Compagnon.jpg26 septembre 1943 à 7 h 36, 7 h 56, 8 h 10 et 8 h 25. 

16 résistants (12 du groupe Guy Mocquet et 4 du groupe Marius Vallet) tombaient sous les balles du peloton d'exécution de l'armée d'occupation. Ils ont payé de leur vie pour avoir défendu leur patrie, notre patrie. Parmi eux mon oncle Jean Compagnon, il allait avoir 22 ans. Le plus jeune Henri Fertet du groupe Guy Mocquet avait 16 ans et le plus âgé Paul Paqueriaud du groupe Marius Vallet avait 35 ans. Le 17e condamné à mort, le suisse André Montavon qui coordonnait les actions des 2 groupes, a été extrait au moment de monter dans le camion allemand. Il venait, à la suite de pourparlers diplomatiques, d'être échangé contre un prisonnier allemand en Suisse. 

Cette année a été donc le 70e anniversaire de leurs morts. Ils sont morts en héros. Tous ont refusé d'avoir les yeux bandés et ont crié Vive la France.

Tous ont écrit à leur famille dès l'annonce de leur exécution vers 5 h. Des lettres émouvantes. Jean Compagnon a dit à ses parents " Je meurs avec l'espoir que mes idées resteront personnifiées et que vous aurez le courage nécessaire de les suivre jusqu'au bout ".

Dimanche 22 une émouvante cérémonie a eu lieu au Rocher de Valmy dans les hauteurs de Larnod. Sur le monument sont inscrits les 20 noms de ceux qui ont fait partie des groupes Guy Mocquet et Marius Vallet. 16 d'entre eux ont donc été fusillés et les 4 autres ont été emprisonnés ou internés.

Un peu plus tard une stèle a été dévoilée place du Souvenir à Larnod tout à coté du monument aux morts. Cette stèle, voulue par l'amicale en souvenir du groupe Guy Mocquet et financée notamment par la commune et le conseil général, ne comporte que les 31 noms des membres du groupe Guy Mocquet dont le nom du seul survivant actuel (a t'on le droit moral de faire figurer un vivant sur une stèle en l'honneur des héros qui y ont laissé leur vie).

En ce jeudi 26 septembre 2013 une autre cérémonie a eu lieu à la Citadelle de Besançon sur les lieux même des exécutions au pied des 4 poteaux en présence des drapeaux, des anciens combattants, des autorités civiles et militaires, des élèves des lycée et collège Henri Fertet de Gray et Sancey-le-Grand avec leur professeur, d'un nombreux public.

J'étais bien sûr présent à ces cérémonies. Dans tous les discours que j'ai pu entendre seuls Claude Jeannerot président du conseil général (à Larnod) et Jean-Louis Fousseret maire de Besançon (à la Citadelle) n'ont pas oublier d'évoquer le souvenir des membres du groupe Marius Vallet. Tous les autres orateurs n'ont loué que le groupe Guy Mocquet. J'ai même vu certains articles qui disaient " Les 16 fusillés appartenaient au groupe Guy Mocquet ". Ce qui est faut évidemment et donc je m'élève sur ces propos. J'ai même pu remarquer que les invitations ont été envoyées uniquement aux autorités et aux familles des membres du groupe Guy Mocquet. Pour avoir accès sur les lieux de la cérémonie du 26 à La Citadelle, moi neveu de Jean Compagnon du groupe Marius Vallet, il m'aura fallu envoyer des mails et appeler au téléphone pour trouver le bon interlocuteur. Finalement le responsable de l'envoi des invitations m'a donné une invitation verbale et il a été, par ailleurs, stupéfait de cet état de fait.

Je vais œuvrer pour retrouver toutes les familles des membres du groupe Marius Vallet mais ça sera fastidieux car il n'existe plus rien ou pas grand chose sur ce groupe. Et peut être verrons nous un jour une stèle portant tous leurs noms côtoyer  celle du groupe Guy Mocquet.

Je tiens à remercier le responsable de la mairie de Besançon, le proviseur du lycée Henri Fertet à Gray et Frédérique de la Citadelle de Besançon qui m'ont aidé dans ma démarche pour rentrer à La Citadelle. Bien évidemment j'aurais, au pire des cas, payé mon entrée (9,50 €).

Je lance un appel à toutes les personnes qui auraient des renseignements sur le groupe Marius Vallet notamment les noms des membres afin que je puisse retrouver les familles.  

Myriam Fertet-Boudriot, dernière survivante de la famille et nièce de Henri Fertet, a fait don au musée de la Résistance des précieux souvenirs de son oncle dont une statuette modelée dans de la mie de pain.

N'oublions pas non plus que ce sont 100 résistants qui ont été exécutés ou assassinés pendant toute ces périodes de résistance contre l'occupation ennemie. Marius Vallet a été fusillé à la Citadelle le 28 avril 1941.

Photos Jean-Jacques Compagnon

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Le Rocher de Valmy

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Il y a 70 ans 16 résistants étaient fusillés ici

 

 modifié le 10 octobre 2013 : dès la fin septembre j'ai envoyé un courrier par mail à Gisèle Ardiet maire de Larnod pour faire part de mon désappointement, avec copie à Claude Jeannerot président du conseil général et Barbara Romagnan députée du Doubs. A ce jour seule Barbara Romagnan m'a aimablement répondu et me soutient dans mes idées.

12/11/2009

Le Puits de la Citadelle

Besançon la ville aux 7 forts

Besançon est entouré par 7 forts et posséde à l'intérieur de la boucle du Doubs de nombreux bastions. Parmi ces 7 forts il y a la Citadelle, de loin le plus important.

Lors de la domination de Besançon, par les espagnols au XVe siécle, des travaux ont débuté pour fortifier le point haut de la ville. C'est ainsi que 2 fronts ont vu le jour. Quand le commissaire général aux fortifications, nommé par le roi Louis XIV, le maréchal Vauban est arrivé à Besançon il a été décidé de poursuivre la fortification de ce lieu. C'est ainsi que de nombreux édifices ont été construits. Ces fortifications ont été occupées par l'armée jusque dans les années 1959 avec une occupation de l'armée allemande entre 1939 et 1944. La ville de Besançon a racheté le fort en 1959 pour en faire des musées et un zoo. Les premiers visiteurs ont été accueillis en 1960.

Bien des années après la fin de ces travaux il a été décidé de creuser un puits pour l'approvisionnement en eau potable depuis la nappe phréatique située au milieu de la boucle du Doubs. Les plans d'époque conservés aux archives démontrent  que la profondeur à atteindre était bien de 132 mètres. Les rapports du lieutenant Charles Domergue qui en a effectué l'étude lors de la libération de la ville en 1944 et de Jean-Jacques Compagnon en 1984 qui a fait l'étude de ce puits afin d'y installer un éclairage électrique certifient une profondeur de 125 mètres avec un fond plat (roche calcaire compacte) et un diamètre supérieur de 8 mètres et 2,20 mètres à sa base (le changement de conicité intervient tout les 1,70 mètre) ainsi que la coupe géologique. Donc il manque 7 mètres. Beaucoup se sont posé la question : pourquoi ? Ces deux rapports, déposés aux archives ainsi qu'une série de 32 diapositives, prouvent que pour une raison inconnue les travaux se sont arrété et que par conséquent il n'a jamais servi pour prendre de l'eau dans la nappe phréatique. La roue entrainant un axe servait tout simplement à remonter les gravas et les ouvriers.

Lors de la préparation du dossier pour le classement de ce site au patrimoine mondial de l'UNESCO la ville de Besançon a fait une effort considérable pour réussir tant par la publicité que par les animations et aussi par la modernisation des équipements et des structures. Maintenant chacun sait que Besançon grâce à la Citadelle et aux efforts consentis est classé. Ces efforts se poursuivent notamment par les visites guidées. Il faut savoir que toutes les informations, toutes les publicités, toutes les plaquettes donnent la profondeur du puits à 132 mètres (la ville ayant refusé en 1984 d'apporter des modifications à cette information capitale malgré ma demande pressante).

Dimanche 8 novembre lors d'une visite au musée de la résistance avec des amis belges j'ai rencontré 2 groupes de visiteurs encadrés par des guides en costume d'époque. Avec stupeur je me suis rendu compte que ces guides récitaient leur leçon qu'ils avaient par ailleurs mal apprise et évidemment les visiteurs écoutaient sans piper mot à ces propos truffés de fausses vérités. J'ai pu entendre notamment que l'eau était puisée à 132 mètres, que les 7 mètres ont été comblés par le truchement des stalagtites et stalagmites sans parler des erreurs concernant la méthode de creusement de ce puits et encore bien d'autres ... J'ai par ailleurs demandé à un guide si il était descendu dans ce puits. Ah vous connaissez ? m'a t'il dit. Eh oui mon brave monsieur je connais j'y suis descendu 15 fois et je l'ai étudié.

Je me suis permis d'apostropher ce guide par devant les visiteurs en lui rappelant la vérité concernant ce puits et en lui rappelant qu'il faut savoir ce que l'on dit !

La vérité sera t-elle rétablie un jour ?

Le maréchal Vauban

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